De la couleur sur le chocolat Suisse

Toujours plus de confiseurs jouent les peintres et proposent de véritables œuvres d’art multicolores, surtout à l’approche de la Saint-Valentin.

A Genève, la Chocolaterie du Rhône s’est engouffrée dans ce créneau depuis longtemps. En vitrine, on trouve des cœurs géants rouges et or, des escarpins vermillon, des flacons de parfum violets: le tout en cacao. 

«Différentes techniques de peinture existent, explique le maître-chocolatier Jean-Pascal Serignat. Pour obtenir la teinte désirée, on mélange du colorant en poudre spécifique à du beurre de cacao. C’est ce dernier qui confère un fini brillant et irisé. Je pulvérise ensuite ce mélange avec un pistolet. Pour que ça fonctionne, la préparation doit être pile à la bonne température.» Les décors plus fins (les caractères japonais, les pétales de rose) sont, eux, tracés à l’aide d’un petit pinceau. «On vend du luxe, reconnaît l’artisan. C’est ce que recherche la clientèle.» La pigmentation ne change pas le goût du produit. Pourtant, les fabricants évitent les teintes jugées peu appétissantes comme le bleu et privilégient le rouge, l’orange, le jaune, le rose ou le vert. En Suisse romande, des pros teignent même leurs délices dans la masse. La gamme au thé vert, couleur menthe, de Tristan Carbonatto à Bougy-Villars (VD) est fameuse.

Dans la région parisenne, Virginie Duroc-Danner, chocolatière et artiste-peintre, vend ses créations dans le monde entier grâce au Net. La jeune femme imagine plusieurs nouveaux motifs chaque année, inspirés par «des tissus et des images piochées ça et là», dit-elle. Selon la créatrice, les habitudes culinaires ont encore la dent dure. «La notion du beau et bon à la fois reste encore difficile à accepter par le grand public.»

Source : 20minutes.fr

sam, 2012-02-11 23:46